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Le jour où tout a failli basculer

Comme à ton habitude, tu te lèves (tu ne me bouscules pas).
A l’inverse de d’habitude, je ne me retourne pas pour rester dans ton odeur.

Comme d’habitude, tu prends ta douche. Tu prépares ton café et en profites pour monter le mien, en échange d’un dernier bisou.
Contrairement aux autres jours, je tourne la tête car je n’ai pas envie de ce contact.

Quelque chose a changé mais je ne saurai pas te dire quand. Ni l’origine de ce changement.
Je ne sais pas non plus ce que je dois faire, ni si je vais le faire. Je fais comme toi dès que quelque chose te contrarie : je me réfugie dans mon travail. Je ris, je décroche des challenges professionnels, je parle, je me sens reconnue.

Toi, tu tombes. Tu pleures. Tu te rends compte de tout ce que j’attendais et patiemment, tu mets tout en oeuvre pour sauver ce que j’ai déjà condamné.

Je te reproche tout et son contraire. Tu restes là, envers et malgré tout.

Je remets tout en question et tout te parait de plus en plus clair.

J’ai systématiquement la même réponse dans la bouche, une histoire de retour de bâton. Celui que je prends est magistral, puisque tu me renvoie tout l’amour que je t’ai donné durant toutes ces années, comme tu ne l’as jamais fait.

Tu t’ouvres, à moi, aux autres. Tu apprends à t’exprimer, à communiquer. Tu me dis les mots que j’ai toujours attendu, secrètement, passionnément. Je te réponds ceux que j’ai  refoulé tant de fois, ceux que j’ai gardé sous un mouchoir les jours de grande colère.

Et puis, un jour revient l’évidence. Celle de vouloir être à tes côtés. Les projets reprennent forme, retrouvent leur sens.

J’avais vu un film (« Le code a changé », pour ceux qui voudraient savoir) dans lequel un homme déclarait à sa femme qu’il n’avait jamais cessé de l’aimer. Elle lui répondait « Moi si. Une seconde ». Et cette phrase a pris tout son sens pour moi.

Au-delà de ton caractère de cochon et de tes saloperies d’air paternaliste ; au-dessus de mes difficultés à pardonner et de mon insupportable control-freakisme ; il y a nous. Et si l’amour dure trois ans pour certains, pour nous il dure depuis bientôt six ans (moins une seconde).

Très peu de bas mais plutôt profonds, il y a notre besoin d’être tous les deux, avec nos défauts et nos contradictions.

Monsieur BDC, si je devais finir cet article en m’adressant directement à lui, je n’emploierai que ces quelques mots, les plus sincères possibles : je t’aime.

 

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Crédit photo Pixel2013 / Pixabay 
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9 commentaires sur “Le jour où tout a failli basculer


    1. Je ne connaissais pas cette phrase. Mais en voulant te répondre, je me demande si la lucidité est vraiment une blessure ? C'est un filtre qu'il faut savoir appliquer à toutes les situations mais est-elle vraiment blessante ? Ou ne nous protège-t-elle pas au contraire ?
      (en tout cas, sans lucidité, on se brûle facilement les ailes, ça c'est sur 😉 )

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    1. Et c’est vraiment nécessaire je crois. Pas forcément de tomber dans les bas très profonds, mais au moins de se poser les questions. Pendant cette période, je me disais qu’il n’était pas possible d’en être arrivés au stade où on se réveille en se disant que l’amour n’était plus là. Ca nous a ouvert les yeux, on est repartis, ouf !

      Aimé par 1 personne

  1. Merci beaucoup pour cet article si intime. Il n’est pas toujours simple d’accorder nos violons surtout quand la communication est difficile et que la tendance est à la fuite.
    C’est aussi ces moments qui renforce le couple.
    Ravie pour vous que cette épreuve soit surmontée.

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  2. Comme tes mots me touchent… Ils me touchent car je pense que l’on a vécu (ou que l’on vit) cette seconde. Qui dure depuis plus d’une seconde malheureusement ! Mais tu me redonnes de l’espoir… Tout est donc possible, à moi, à nous de refaire le chemin vers l’autre !

    Bises
    Virginie

    Aimé par 1 personne

    1. Parce que même si cette seconde dure plus longtemps que ce qu’on voudrait (et qu’elle devient éternelle), on aura le mérite de s’être posés les questions et on aura évité d’avoir le regret de ne pas avoir mis toutes les chances de notre côté.

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